It’s all about the soul … and food!

Cet été j’ai fait l’acquisition d’un livre, Every Day is Saturday, de Sarah Copeland. C’est un livre de conseils et de recettes basés sur la vie d’un femme accomplie, aimante et aimée (Ndlr, lol). Cela faisait longtemps que je n’avais pas acheté de livres de cuisine. Cela faisait longtemps que je n’avais pas acheté de livre tout court.

Cet article est un peu plus personnel, cependant j’ose espérer qu’il parlera à certains d’entre vous. A la lecture des premières pages de ce livre ce fut comme une révélation. J’y ai compris que j’ai toujours été gourmande. Gourmande de manger et de faire à manger. J’ai toujours eu des personnes autour de moi qui aiment manger et qui aiment cuisiner. J’ai une mère qui cuisine très bien (ne rentrons pas dans ce débat de quelle maman ou papa cuisine le mieux; la mienne gagnerait toujours à mes yeux). Aujourd’hui encore j’essaie de refaire des recettes qu’elle réalise depuis toujours, et même si elles sont bonnes, elles n’ont pas le goût des sentiments. Je pense en effet que l’amour avec lequel est fait un plat (et celui avec lequel il est mangé) est aussi une variété d’épice et que sans ça, certains plats sont plus fade que d’autres. N’avez vous jamais cuisiné un jour, un soir, fatigué, énervé et rien n’allait ?

Il y a un an, je suis rentrée avec joie et beaucoup d’énergie dans une vie active qui était ce que je voulais à ce moment-M. J’y ai découvert une nouvelle ville, de nouveaux amis, de nouveaux collègues, un travail qui m’a énormément appris aux delà des compétences professionnelles. J’y ai appris la signification des mots “sens” et “but”. Ceux qu’on veut donner à notre vie. 

Il y a un an, au fil des jours et des mois, j’ai vu les avantages et les “moins bons avantages” de cette vie. Les temps de transports, les longues journées de travail qui se profilaient, les deadlines, le temps à accorder à sa vie sociale. Tout cela à challenger la manière dont je mangeais. Je ne mangeais pas mal mais je me suis rendue compte que cela compliquait la chose. Cette année m’a fait atteindre un seuil où parfois cuisiner ou même manger devenait une corvée, une flemme. Hors ce n’est pas moi. Je ne suis pas programmée comme ça, ce qui me rendait parfois chafouin. J’avais des envies, des idées de plats, de choses à développer personnellement et je me disais “je le ferai ce weekend”, “je le ferai au printemps”, “je le ferai quand ce sera plus calme, quand je serai moins stressée par mon (fameux) mémoire”… Mais bizarrement je tiens moins bien les deadlines de ma vie que celles dans mon travail.

Je ne les ai jamais passés mais j’ai toujours eu peur de ces tests d’entrée dans ces écoles à concours où l’on demande “quelle est votre passion?”. Ma passion ? “Manger, ou faire à manger. C’est possible ?”. Le problème c’est que j’ai trop associé dans ma petit tête passion et talent. Hors je ne peux pas me prétendre talentueuse. Je ne le suis pas et j’ai bien trop peu de recul pour en juger. Il m’a fallu un été, des événements déclencheurs comme ce livre ou le documentaire Netflix de Samin Nosrat, Fat Salt Acid and Heat et des larmes pour finir par avouer, par m’avouer que ma passion elle était là. Elle est dans le plaisir de passer du temps, comme certains diraient, à cuisiner. A préparer et faire quelque chose de mes mains pour moi ou pour les autres. Goûter, aimer, partager, recevoir des compliments, découvrir, tester, être créative, m’écouter, essayer et réessayer. Comme le dit Sarah Copeland :

I had been so wrong; I wasn’t over food! I had just stopped feeding my life and my family the kinds of exciting, luscious foods we all need to thrive. My passion was still there, just starving.

Sarah Copeland, Every Day is Saturday

Simplemets may have saved it.

J’avais parlé de sens, de brand purpose des pages entières dans mon mémoire, de l’importance de faire face à ses valeurs personnelles au travail également, d’être aligné ou du moins équilibré. J’ai été entourée de personnes en quête de sens, conscientes, éveillées et je me rendais compte que j’avais peut être oublié d’en écouter une : moi. 

J’ai entre guillemets la chance d’avoir une passion accessible. Il me suffit de quelques aliments, d’une cuisine et pop ça y est je peux la toucher, créer, m’inspirer, inventer. Et depuis le peu de temps que j’y ai regoûté, je me sens mieux. Plus calme, plus décidée, plus en phase avec moi même. Attendez, je ne suis pas en train de dire que j’ai pris un bout de chocolat et que tout allait pour le mieux. C’est un travail de développement personnel et d’écoute de soi de longue haleine et je n’en suis qu’au début, mais ça fait déjà du bien.

Pour la citer encore une fois (quand je vous disais que j’ai eu un coup de coeur), Sarah Copeland dit que “nos vies ne sont pas faites pour être vécues trop rapidement et de manière fonctionnelle, comme l’était devenue (sa) semaine. Nos vies sont faites pour être vivantes – enrichies de ces aliments qui font que nous nous sentons vraiment vivants, dans tous les sens du terme.” Mon opinion est que nous ne sommes pas tous programmés pareil, et c’est ainsi. Je ne veux pas me faire porte parole d’un mouvement “travaillez moins pour cuisiner plus et manger mieux”. Chacun à sa balance; je crois que j’ai trouvé la mienne. Avec ces ups and downs, mes moments de folie douce à baver devant une recette sur Instagram que j’enregistre pour reproduire, à me sentir fière de produire quelque chose de correct à mes yeux – because perfect is the enemy of good (says a wise woman).

Je crois que je l’avais trouvé il y a longtemps déjà ma balance mais que les peurs, l’ambition normée par certains codes, le manque de confiance en moi, m’ont fait choisir un parcours un peu différent. Que je ne regrette en rien. Simplement, aujourd’hui mon purpose & passion je les écris et les partage ici, avec vous.

C’est sûrement l’article le plus personnel que j’ai écrit/que je vais écrire. En même temps, je n’en suis qu’aux débuts de Simplemets, au début de notre rencontre entre vous & moi et entre vous & vous.

Food and soul

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